|
Tuesday, 23 February 2010 15:49 |
|
There are no translations available. La version Internet Protocol utilisée dans la plupart des pays en ce moment a été conçue en 1983 pour un espace d'adressage de 4 milliards et demi environ. Compte tenu de la démographie mondiale qui a connu une évolution considérable et de la mise en réserve d'un grand nombre d'adresses par des réseaux privés et/ou des groupes multicast, IpV4 se dirige inexorablement vers la saturation à l'horizon 2010. Selon des estimations de l'Iana (Internet assigned numbers authority) et Rir (Regional Internet registry), il n'y aura probablement plus d'adresse IP publique libre en 2010. Cette situation, qui a entraîné la naissance d'IPV6 encore appelé IP New Génération, reste encore peu connue dans notre environnement.
D'où vient IPV6 ? La saturation ou l'asphyxie d'IpV4 a été retardée pendant quelques temps par le Network Address Translation (Nat) qui a été mis en place pour pallier ce problème, mais au fil du temps, il est apparu que la saturation était inévitable d'où la conception d'une nouvelle version de protocole. C'est ainsi qu'est né IPV6. Une adresse IpV4 est longue de 32 bits alors que celle d'IpV6 l'est de 128 bits. Ainsi, il est aisé de comprendre que l'espace d'adressage d'IpV6 est largement supérieur à celui de son prédécesseur. En plus la syntaxe d'adressage change et passe d'une notation décimale avec IpV4 à une notation hexadécimale avec IpV6. Ce qui a pour corollaire la séparation de chaque groupe de 16 bits de deux points. Le passage à IPV6 offre de surcroît de nouvelles opportunités et permet de desservir en adresse les pays qui en disposent en petit nombre sous IPV4. Il facilite ainsi le déploiement de l'Internet mobile, la gestion des connexions permanentes (ADSL), Câble et de la mobilité IP. Par ailleurs, il permet de l'utilisation d'IP dans l'électronique professionnelle et grand public ainsi que le déploiement des nouvelles applications IP de terminaux à terminaux (téléphone, visiophone, jeux, applications interactives, etc.). Afin d'organiser au mieux cet immense espace d'adressage, l'architecture a été revue. Architecture d'IpV6 IpV6 a permis le remodelage de l'espace d'adressage, la simplification des entêtes et la hiérarchisation des flux facilitant ainsi le routage. Ainsi, les 64 premiers bits sont réservés à l'infrastructure et au subnetting. Dans ces bits, 48 servent à fournir aux entreprises un préfixe unique relativement grand. Les 16 autres bits leur servent à faire du subnetting c'est-à-dire leur donnent la possibilité de créer jusqu'à 65356 sous réseaux. Les autres 64 bits sont réservés à l'adressage des machines sur chacun des sous-réseaux, soit la puissance 2 de la taille de l'Internet actuel. Ce qui entraîne implicitement la sécurité. Il est important de relever que sous IpV4, l'adressage d'un sous réseau est en général assez facile et peut s'effectuer en très peu de temps. Alors qu'avec IpV6, effectuer la même opération sur un sous réseau de 64 bits s'apparentera à une corvée puisque l'opération demandera beaucoup de ressources et de temps. Avec IpV6, certaines applications disparaissent à l'instar du Broadcast. Cependant, l'Unicast et le Mutlitcast demeurent et un nouveau type d'adressage, l'Anycast apparaît. Il s'agit d'une technique d'adressage et de routage qui permet de rediriger les données vers le serveur informatique le plus proche ou le plus efficace. D'autres nouveaux outils apparaissent à l'instar du multihoming. C'est une opération qui permet à chaque ordinateur de disposer de plusieurs adresses IP. Une adresse de type lien, une adresse unique locale (équivalant aux adresses IpV4 privées mais avec un global ID (Identification) et une adresse de type globale (équivalente d'une adresse IpV4 publique). Impact En plus de l'espace d'adressage immense, IpV6 apporte de nombreux changements. Les Nat (Network address translation) ne sont plus nécessaires. De plus, il sera possible de mettre en place Ipsec (Internet protocol security) de bout en bout, de machine en machine. En outre, la reconnaissance du réseau sera protégée par une authentification au niveau Icmp (Internet control message protocol) IpV6 intègre ainsi un mécanisme d'auto-configuration. Ainsi, un ordinateur, lors de sa connexion à un nouveau réseau, construira simplement son adresse à partir d'un préfixe diffusé par le routeur local sans nécessairement utiliser un serveur Dercplc. Enfin, IpV6 simplifie aussi l'expérience de l'utilisateur avec son système d'auto-configuration des adresses qui peuvent en plus être routées de bout en bout. Transition Le passage d'IpV4 à IpV6 ne saurait se passer sans un impact qui nécessite une concertation générale de toutes les compétences: université, administration, secteur privé et société civile afin de coordonner le développement des services nouveaux, partager les expériences et construire un environnement propice aux déploiements des nouvelles applications de l'Internet. Au vu de l'enjeu ainsi présenté, une mobilisation générale s'impose tant au plan national qu'international afin de favoriser le développement de la deuxième génération d'Internet. Sur le plan mondial, la mise en place des technologies de transition telles que 6 to 4 Isatap (Intra-site automatic tunnel addressing protocol) ou Terodo (Tunneling IpV6 over Udp through Nat) permet de garantir la migration en douceur d'IpV4 sur IpV6. Par contre, au plan local, la timidité reste encore apparente sur les initiatives dans ce sens, d'où le plaidoyer pour une prise de conscience nationale.
|