Saturday, 31. July 2010
Brèves
L’informatique et les TIC au secours de la production du cinéma d’animation au Cameroun
Wednesday, 03 March 2010 07:38
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La généralisation du numérique a aussi touché le secteur du cinéma d'animation. Ce genre communicationnel connait un essor de plus en plus grandissant grâce notamment à la baisse des coûts et délais de production consécutifs à l'usage exponentiel de l'informatique et des Tic.

Il y a une vingtaine d'années, il était inimaginable d'avoir accès au genre de dessins animés actuellement en ligne ou à la télévision. C'est ainsi que l'on a pu voir la naissance des best-sellers tel «Kirikou et la sorcière», dessin animé africain réalisé grâce au numérique.

Des studios africains apparaissent bien qu'embryonnaires, et les productions sont encourageantes. Comment arrive-t-on à produire du dessin animé en utilisant l'informatique? Quelles sont leurs perspectives ? Quelle a été la contribution du Cenadi au niveau du Cameroun ? Avant de s'intéresser aux procédés de ces studios numériques, il y a lieu de faire un tour d'horizon pour cerner toute l'importance du dessin animé.
Si le dessin animé a pour public cible les enfants en premier, il faut noter que c'est aussi un puissant atout économique et culturel. Les chiffres suivants parlent d'eux-mêmes: «Shrek2» sorti en mai 2004, pour un budget de 150 millions de dollars est à ce jour le film ayant engendré le plus de recettes, estimées à 920 millions de dollars. Il est suivi par «Madagascar» sorti un an plus tard et ayant engendré des recettes de 533 millions de dollars. «Kung Fu Panda et Kirikou et la sorcière» peuvent compléter la liste avec les montants cumulés estimés à près de 600 millions de dollars.
Ces succès planétaires sur le plan économique démontrent que le dessin animé peut permettre au Cameroun de se développer. A l'exemple des pays asiatiques qui sont Aujourd'hui les sous-traitants de la plus grande partie des dessins animés dans le monde
«Et si nous ne savons pas vendre notre culture, d'autres le feront pour nous» dit Pierre Sauvalle, fondateur et codirecteur de Pictoon. La culture africaine est riche en contes et légendes, en héros resté inconnus. C'est ainsi que «Madagascar» et «Kirikou et la sorcière» qui sont des dessins très vendus dans le monde exploitent totalement cette culture africaine. Malheureusement, ils n'ont pas été produits par des pays africains. Il serait temps de réagir en utilisant les méthodes informatiques, plus accessibles, comparativement aux méthodes traditionnelles.


Le bouleversement Informatique
Jadis nécessitant les moyens lourds et difficiles à supporter par des structures camerounaises, l'avènement de l'informatique depuis les années 1990 a bouleversé les techniques traditionnelles de réalisation de film d'animations. Elle a donné naissance à une nouvelle technique, le film d'animation sur image de synthèse. En effet, les ordinateurs de plus en plus puissants, les logiciels évolués de traitement d'image et de son dont certains sont gratuits, l'utilisation d'Internet pour le partage des travaux et l'e-learning pour la formation ont révolutionné la production du film d'animation. C'est ainsi que devant les tous puissants studios traditionnels tels Walt Disney, plusieurs studios de dessins animés ont pu voir le jour. Et si l'on s'intéressait à la mise sur pied d'un studio de dessins animés ?
Mise en place d'un studio d'animation numérique
Le film d'animation est une technique élaborée à partir d'images dessinées ou créées sur ordinateur, des photographies qui sont « montées » dans une suite logique permettant une impression d'activité et de mouvement. Le film d'animation utilise donc différentes techniques que sont : le dessin animé, la manipulation des objets 2D, l'animation en volume utilisant les objets 3D, l'animation de synthèse (animation 2D numérique, Animation 3D).
S'il est vrai qu'un seul poste de travail peut être utilisé, il vaut mieux en allouer un ou plusieurs à chaque étape. Un poste de travail est alors constitué d'un ordinateur, de logiciels et périphériques dédiés. Un scanner, une tablette graphique, une carte graphique et une carte-son professionnelle avec microphone en constituent des éléments périphériques. Tandis qu'il existe pour chaque étape un nombre assez impressionnant de logiciels. Certains sont gratuits et d'autres non. Le choix du logiciel dépend du portefeuille et de la politique du studio. C'est ainsi que l'on va lister un premier logiciel payant et un second gratuit pour chaque étape. Pour la coloration sur ordinateur, il y a les logiciels tels Photoshop ou Gimp, l'animation Flash ou Blender, le montage et la composition Adobe première ou Cinepaint, et pour la musique et les bruitages Fruity loops ou Audacity. Cette liste n'est pas exhaustive et ne concerne pas la 3D.

Le dessin animé camerounais
Le dessin animé camerounais, bien qu'embryonnaire, existe depuis 2004, année au cours de laquelle a été réalisée la première version du premier dessin animé Camerounais «Bokilo et Sanga» au Cenadi. Depuis cette date, plusieurs productions ont vu le jour : «K6 et l'Alphabet», «Non au Sida», le «Chasseur et la panthère», «Deïdo Boy»; «le Destin d'un guerrier». Et les studios ayant donné naissance à ces opus se résument pour la plupart de temps à un ou deux postes d'ordinateurs dans un domicile qui fait office de bureau
A la lumière de ces productions, il n'y a pas de doute que le Cameroun pourrait révolutionner sa production de dessins animés au regard des possibilités qu'offre l'informatique et des ressources humaines disponibles. En effet, l'équipement informatique est accessible. Les dessinateurs sont de plus en plus nombreux et talentueux grâce aux établissements de formation tels que l'Ecole des beaux arts de Mbalmayo, l'Université de Yaoundé I, etc.
La coloration et le montage sur ordinateur sont maîtrisés par un grand nombre d'acteurs grâce à l'autoformation via Internet. La maitrise de Musique Assistée par Ordinateur (Mao) par les jeunes camerounais est mis en exergue par la multiplication des studios de musique numériques. Les principes de bases de l'animation sont maîtrisés.
La plupart des acteurs du dessin animé camerounais fonctionnent de manière isolée et leurs productions sont inconnues du grand public. La mise en place d'une politique d'aide logistique, d'attributions de bourses et de moyens de vulgarisation serait sans aucun doute salutaire pour l'éclosion du dessin animé camerounais.
L'espoir viendra-t-il de l'Afrique du Sud qui offre des bourses de cinéma d'animation pour l'Afrique subsaharienne?

 
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