|
There are no translations available.
Simon Pierre Kotock Ngan a été directeur adjoint du Cenadi pendant plusieurs decenies et nous parle ici de la maison qu'il a presque bâtie. Sexagénaire, retraité depuis plus d'une quinzaine d'années, il continue de parler du Cenadi comme au temps où il était encore en activité.
Monsieur le Directeur, il ya longtemps que vous êtes parti du Cenadi. Quels souvenirs gardez-vous de cette maison dont vous avez été l'un des principaux bâtisseurs?
Je garde un excellent souvenir du Cenadi. En ce qui me concerne, j'étais déjà responsable dans les différentes structures de gestion de l'Informatique de l'Etat.
La création du Cenadi, par décret présidentiel le 12 août 1988, venait ainsi couronner les efforts de nos cadres informaticiens et la volonté du gouvernement d'encourager ce jeune secteur, plein d'avenir.
Je dois dire que dans ses premières années d'existence, le dynamisme du Cenadi était certain et reconnu de tous, si l'on en juge par la réalisation de grands projets informatiques tels que Antilope, Pagode (aujourd'hui Sydonia), Campac, Trinité, etc. Nous avons obtenu avec une grande satisfaction la création par décret du corps des Informaticiens.
Comme membre fondateur de l'Institut Africain d'Informatique de Libreville, notre pays a participé efficacement à la promotion de l'informatique en Afrique Centrale et en Afrique de l'Ouest. Je garde vraiment des souvenirs inoubliables du Cenadi.
Vous avez pris une part active à l'atelier du Mont-Febe sur la prévalidation de la stratégie de repositionnement du Cenadi. Croyez-vous que le Cenadi ait les moyens nécessaires pour se repositionner dans le paysage des Tic au Cameroun aujourd'hui?
Oui, nous reconnaissons que la tenue de cet important séminaire des 3 et 4 décembre 2008 donnait déjà la réaction très positive des responsables du Cenadi de prendre les choses en main; bref, "naître de nouveau". Ce séminaire a montré que le Cenadi dispose de ressources humaines sûres, capables d'affronter les défis et de survivre dans un environnement fortement influencé par l'arrivée des Technologies de l'information et de la communication (Tic). Je crois que le Cenadi dispose d'atouts certains pour se repositionner dans ce paysage des Tic dans notre pays. Et pour cela, je pense que le Centre se doit de s'adapter et d 'anticiper...
En tant qu'informaticien, que représente pour vous le paysage des Tic au Cameroun en ce moment?
Le paysage des Tic constitue une espèce de révolution informatique, notamment dans les approches de conception. L'utilisation de l'Internet, par exemple, donne naissance à de nouveaux métiers très variés qui nécessitent la formation de vrais spécialistes, presque dans chaque domaine. C'est pourquoi le Cenadi se doit de bâtir rapidement un plan ambitieux de renouvellement des hommes.
En votre qualité d'homme politique, vous est-il déjà arrivé de parler du Cenadi? Si oui, dans quel(s) contexte(s)?
Au comité central du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), j'ai occupé les fonctions de secrétaire-adjoint, chargé des Affaires Economiques et Sociales, pendant quinze ans. Naturellement, je ne pouvais pas m'empêcher de parler de ma "maison", le Cenadi. Je dois dire qu'au niveau de la hiérarchie du parti, le secrétaire général-adjoint connaît notre structure et nous en parlions souvent. Certains cadres du Cenadi étaient membres dans plusieurs sous-commissions de travail.
De par son statut de conseil du gouvernement en matière d'informatique, croyez-vous qu'avec son statut actuel (Direction Technique), le Cenadi puisse véritablement jouer son rôle?
N'oublions pas que les missions statutaires du Cenadi sont définies par le gouvernement. Rappelez-vous du discours d'installation du directeur Laurent Onguene Awana par le ministre des Finances. Notez que les centres informatiques de Douala, Bafoussam et Garoua sont également dans ce grand mouvement de repositionnement et de renouvellement (hommes et structures). Et eu égard à l'ampleur de l'intégration de l'informatique dans les administrations publiques et parapubliques, il me semble que le statut actuel de "Direction Technique", devrait évoluer probablement à l'instar du Trésor, de la Douane, des Impôts, du Budget, etc.
Revenons à vous. En votre qualité de directeur adjoint du Cenadi, vous avez effectué plusieurs missions à l'étranger à la recherche de jeunes camerounais informaticiens. Un grand nombre d'entre eux est déjà parti à la retraite. Ne pensez-vous pas que ce type de démarches ne soit plus d'actualité aujourd'hui?
Ce type de démarches nous donnerait certainement des résultats positifs. Voyez-vous-même, en politique, notamment dans notre parti le Rdpc, nous faisons des missions à travers le monde pour créer les comités de base, les sous-sections et sections pour mieux encadrer nos compatriotes. En ce qui concerne le domaine informatique, on peut espérer que ce genre de missions nous ferait découvrir des Camerounais très compétents et des spécialistes très pointus du domaine des Tic, et qui souhaiteraient venir travailler dans leur pays, le Cameroun.
Comment appréciez-vous l'offre de formation actuelle en informatique au Cameroun?
L'offre de formation en informatique au Cameroun est relativement satisfaisante. Heureusement, car dans ce domaine on ne peut reculer, ni rester stationnaire, on est embarqué pour avancer. Le Cenadi devrait être quelque peu agressif, surtout au niveau de l'enseignement secondaire. L'on peut également souhaiter que le secteur privé n'hésite pas à créer des structures de formation supérieure en informatique.
Si vous aviez un conseil à prodiguer à l'équipe dirigeante actuelle du Cenadi et à tous ceux qui sont en poste là-bas?
Le conseil à prodiguer c'est le travail, encore le travail... Pour ceux qui sont en poste là-bas, il est souhaitable de les voir évoluer dans une nouvelle dynamique d'ensemble.
Y a-t-il un aspect que vous auriez souhaité aborder et qui n'a pas été évoqué?
Oui, il s'agit du "Conseil de Direction". Je pense que cette importante structure de décisions devrait fonctionner comme les Conseils d'administration des sociétés. La hiérarchie pourrait également revoir cette structure, dans un sens d'élargissement de ses membres opérationnels.
|